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L'ÉGLISE AU CANADA ET DANS LE MONDE

Le 5 mai 2013

«  Ce que la plupart d'entre nous pensaient allait arriver n'est pas arrivÉ : la religion n'est pas en train de disparaître  » ni au canada ni dans le monde. La proportion des «  sans religion  » a fort augmenté au Canada, de 1 % en 1961 à 25 % aujourd'hui. La proportion d'athées parmi eux s'élève à un peu plus qu'un tiers.

La morale de la situation de polarisation abstentionnistes/sans religion et religieux est que les religions doivent coopérer entre elles depuis le niveau de la congrégation jusqu'à l'échelle inter-religieuse pour bénéficier de la diversité.

Puisque 45 % des canadiens sont catholiques, l'Église catholique joue un rôle capital dans cette coopération. Puisque les évangélistes sont très dynamiques et riches en ressources, leur coopération est aussi essentielle.

Les distants qui ont rejoint les abstentionnistes ne sont pas sortis des religions; ils y sont seulement peu engagés. Prêter attention à leurs besoins et leurs intérêts est un portail pour leur retour au bercail. Ces besoins incluent l'ouverture à la diversité et aux temps présents, l'enrichissement spirituel plutôt que les règles, le témoignage, l'adaptation aux divers groupes démographiques, la musique, la réponse aux vrais problèmes et l'inclusion des familles (3 de 3 ; R.W. Bibby, A New Day, Project Canada Books, 2012)

Nouveau document des évêques canadiens sur l'environnement: durable ou jetable?  La Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) a publié le 8 avril un nouveau document au sujet de l'environnement. Préparé par la Commission épiscopale pour la justice et la paix, Bâtir une nouvelle culture - Thèmes centraux dans l'enseignement récent de l'Église sur l'environnement espère « orienter la discussion, la réflexion et la prise de décision sur les problèmes environnementaux éminemment concrets » de notre époque. Mais a-t-il ce qu'il faut pour y arriver ?

Le document de six pages présente un « modeste aperçu de huit grands thèmes traités récemment dans l'enseignement de l'Église sur l'environnement ». Il s'affaire à rappeler les liens étroits et complexes entre l'économie, la société et l'environnement.

Il cite abondamment les papes Jean-Paul II et Benoît XVI, respectivement ! Essentiellement, le document met l'accent sur la place centrale de l'être humain au sein de la Création, refusant de voir en ce dernier un simple élément parmi une série d'interactions biologiques.

« Nous voulons apporter un équilibre dans la préoccupation sur l'environnement et éviter un glissement qui considère la personne humaine comme un élément parmi d'autres dans le cosmos. Il faut plutôt considérer la place centrale de la personne humaine dans l'univers », explique en entrevue Mgr Noël Simard, évêque de Valleyfield et membre de la Commission.

À l'instar du magistère romain, les évêques canadiens tournent le dos à certaines théories en vogue, dont le cosmocentrisme qui voit d'un mauvais œil l'intervention humaine dans l'univers, ou l'écologie profonde, qui rejette la centralité de l'humain dans son rapport à l'environnement.

« Quand on parle de bâtir une nouvelle culture, nous retenons la centralité de la personne humaine au sein de la création », poursuit Mgr Simard. « Il s'agit d'une culture de la vie dans tous les sens du mot : pas uniquement la vie humaine, mais aussi une vie qui rejoint le végétal et l'animal. En un certain sens, on élargit l'idée de culture de la vie. »
Culture de vie : l'expression est souvent associée aux questions de morale sexuelle, un sujet cher aux évêques canadiens sur lequel ils se prononcent régulièrement. On ne peut pas en dire autant de l'environnement : la dernière lettre pastorale au sujet de l'environnement remonte à 2008. La précédente datait de 2003. Et le document publié cette semaine n'est pas une lettre pastorale : on parle plutôt de « document de réflexion ».

Spécialiste de la parole publique des évêques canadiens, le professeur Guy Jobin de la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval le dit franchement : « un document d'importance sur cette question aux 5 ans, ce n'est pas le pactole ».

« Quand on compare les deux dernières lettres pastorales et ce nouveau document, on reconnait un changement de style. Avant, on prenait à bras-le-corps des problèmes canadiens ou mondiaux précis. Il y avait une analyse théologique de ces problèmes, et un jugement moral », explique-t-il. Ce « style » n'est pas repris ici.

Le professeur voit plutôt dans ce nouveau texte une forme de mini-compendium qui résume et collige les positions magistérielles. En raison de cette approche, Bâtir une nouvelle culture ne serait pas aussi incisif que d'autres textes.

« Nous n'y retrouvons par ailleurs aucune référence à des textes canadiens antérieurs, ou à des positions d'évêques canadiens », poursuit le professeur Jobin.

Mgr Gérard Drainville s'était prononcé sur le développement durable dès 1989 à l'époque où il était évêque d'Amos. Plus récemment, l'actuel évêque de Trois-Rivières, Mgr Luc Bouchard, avait écrit une lettre remarquée au sujet des sables bitumineux alors qu'il était évêque en Alberta. (Proximo, 12 avril 2013; à suivre)

 
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